Eko et la traversée de l'Ekran
© Vidéo et photo : Pierre-Henri Garnier
Il y a quelque chose d’étrange dans notre époque. Nous n’avons jamais été aussi connectés — et pourtant, jamais peut-être l’expérience de présence n’a été aussi fragile.
Les écrans ne sont pas seulement des outils. Ils sont devenus des milieux. Des espaces que nous habitons sans toujours en avoir conscience. Des espaces qui capturent, fragmentent, sollicitent… mais aussi, parfois, relient.
C’est à partir de cette ambivalence qu’est née la soirée Eko — la traversée de l’écran, proposée jeudi 26 mars à Montoir-de-Bretagne :
Ce n ‘est pas une conférence de plus sur les “dangers du numérique”.
Mais une tentative, plus subtile, plus nécessaire sans doute : interroger notre manière d’être au monde à travers lui.
Car il ne s’agit pas de sortir des écrans.
Il s’agit d’apprendre à les traverser.
Traverser, c’est retrouver une qualité d’attention.
Traverser, c’est déplacer légèrement notre posture : passer d’une consommation à une expérience.
Traverser, c’est peut-être redonner du corps à ce qui, peu à peu, s’est désincarné.
Cette soirée propose une forme hybride — à l’image de notre époque — mêlant parole, scène et expérience.
J’y interviendrai aux côtés de Pierre-Henri Garnier, psychologue, de Maëlle Musseau, formatrice et intervenante en prévention, ainsi que de Stéphane, comédien improvisateur.
Ensemble, nous croiserons les regards — clinique, éducatif, artistique — pour ouvrir un espace de réflexion et de mise en mouvement.
Ce qui se joue ici dépasse largement la question des écrans.
Il s’agit, plus profondément, d’une écologie de l’attention.
Comment habiter les environnements que nous traversons ?
Comment retrouver une forme d’écoute — de soi, des autres, du monde — dans des contextes saturés de stimulations ?
Peut-être que la réponse ne se trouve ni dans le rejet, ni dans l’adhésion.
Mais dans cette capacité, simple et exigeante à la fois, de revenir à une présence vivante.
Et si, finalement, traverser l’écran devenait une manière de se retrouver de l’autre côté de soi-même ?