Formation & recherche
Enseignement
DU de musicothérapie / Nantes Université (depuis 2023)
J’interviens depuis 2023 au DU de Musicothérapie de Nantes Université, autour de trois enseignements : musicothérapie et relaxation, musicothérapie réceptive et psychothérapie, et musicothérapie contemporaine et phénomènes de transe.
Ces enseignements ont pour fil conducteur la construction d’une posture clinique : partir du corps, de l’écoute et de l’expérience sensible, interroger ce qui fait réellement soin dans la rencontre, puis comprendre les modifications de l’attention, de la perception et de la conscience que la musique et le sonore peuvent favoriser. Ils accordent une place particulière à la relation thérapeutique, à la présence, l’ouverture à l’imaginaire et aux questions éthiques soulevées par ces expériences.
J’assure également l’analyse des pratiques cliniques auprès des étudiants tout au long de leurs trois années de formation. Ce travail accompagne progressivement le passage des apprentissages théoriques et expérientiels à la réalité du terrain, et la construction de leur propre posture de musicothérapeute. [Pour plus d’infos : ICI]
DU Hypnoanalgésie et utilisation de techniques non pharmacologiques dans le traitement de la douleur / UVSQ, Université Paris-Saclay (depuis 2024)
La musique et l'environnement sonore partagent avec l'hypnose un territoire clinique commun : créer les conditions d'un état, travailler à partir du vécu, transformer la manière de vivre une expérience plutôt que chercher à la supprimer. C'est ce que je développe dans un séminaire transversal au DU d'hypnoanalgésie de l'UVSQ, depuis 2024. Le parcours va de l'expérience corporelle aux données neuroscientifiques, puis à l'environnement sonore et à l'imaginaire, avant de proposer un cadre intégrateur.
Il aborde le rythme et la communication sonore non verbale, l'exploration vocale, les mécanismes neurophysiologiques de la musique sur la douleur, l'écoute sensible des paysages sonores, le musicodrame analytique, et ce que nous appelons avec Pierre-Henri Garnier l'État modifié de résonance. [Pour plus d’infos : ICI]
Recherche et publications
Jaud, N. (2025). La relation thérapeutique en musicothérapie : de la contrainte naît la liberté. Journal de l'hypnose et de la santé intégrative, 32(3), 33-42.
David, N., Minoza, S., Jaud, N. & Ganry-Salomon, C. (2026). Douleur chronique et musicothérapie : une alternative sensible au cœur des soins. Journal de l'hypnose et de la santé intégrative, 34(1), 45-63.
Jaud, N. (2020). À la recherche de la voix perdue : une musicothérapie en addictologie. Revue française de musicothérapie, 39(2).
Membre du comité de rédaction de la Revue Hypnose et Santé intégrative, Éditions Dunod, depuis 2024.
Expert à l'Agence des Médecines Complémentaires et Adaptées, depuis 2022.
Communications
Journée régionale de soins palliatifs et d'accompagnement (JRSPA), Nantes, 21 mai 2026 : Temporalité et sens en soins palliatifs. Intervention présentant mes accompagnant en soins palliatifs, entre accompagnement poétique et musical, résonance et écoute sensible de paysages sonores.
Le Parcours d'écoute sensible :
Faire de l'écoute une ressource de santé à ciel ouvert
Le Parcours d'écoute sensible
Faire de l'écoute une ressource de santé à ciel ouvert
Écouter son environnement, c'est une façon de l'habiter. C'est aussi une façon de prendre soin de soi. Dans un monde où tout s'accélère et où personne ne s'écoute vraiment, réapprendre à écouter le monde, c'est peut-être réapprendre à s'écouter soi-même.
Le Parcours d'écoute sensible part de cette conviction simple pour en faire une proposition concrète : faire de l'écoute de l'environnement une ressource de santé accessible à tous, à ciel ouvert. Porté par le Collectif Résonances et coordonné par Nicolas Jaud, musicothérapeute, il prend d'abord racine sur le territoire de Saint-Nazaire Agglomération, à partir d'une expérimentation déjà engagée au parc hospitalier de Heinlex — mais il est pensé, dès l'origine, comme un modèle transposable, appelé à être décliné dans d'autres villes, d'autres lieux de soin et d'autres territoires.
Sa singularité tient en une phrase : là où existent, ailleurs, des parcours sonores urbains ou des installations dans des parcs, personne à ce jour n'avait articulé dans un même projet cohérent le soin hospitalier, l'espace public, la recherche scientifique en écoacoustique et l'inclusion.
Écouter plutôt qu'entendre
Nous entendons sans cesse ; nous écoutons beaucoup moins. Toute la démarche tient dans ce déplacement : une attention qui se déplace, un corps qui devient disponible, une manière d'être présent à ce qui nous entoure. Depuis la théorie de la restauration attentionnelle de Stephen Kaplan (1995), on sait que l'attention dirigée — celle que mobilisent le travail, la ville, l'hospitalisation — s'épuise. Les paysages sonores naturels, eux, sollicitent une attention douce, la fascination, qui restaure ces ressources. Hartmut Rosa décrit ce basculement comme un passage de l'aliénation à la résonance ; Pauline Oliveros y voyait, avec le deep listening, le reflet de notre manière d'être en relation au monde.
Ce que dit la science
Le retentissement sanitaire du bruit est aujourd'hui documenté ; à l'inverse, le bénéfice des sons naturels est désormais quantifié. Une méta-analyse publiée dans les PNAS (Buxton et al., 2021), synthétisant trente-six études, établit des effets robustes sur le stress, l'humeur et la santé perçue. Dès 2018, l'OMS reconnaissait le paysage sonore comme un déterminant de santé publique.
Diffuser des sons naturels dans un espace déjà saturé revient à ajouter du bruit au bruit. La réduction du bruit est donc le premier geste thérapeutique sonore ; le contenu diffusé, lui, doit être pensé, situé et dosé. C'est ce qui rend le dispositif paramétrable — donc évaluable.
Des origines cliniques
L'initiative est née d'une observation faite auprès des patients : un paysage sonore pouvait ouvrir une parenthèse dans l'expérience de la maladie. Une étude observationnelle conduite en 2024 à l'Unité de soins palliatifs du Centre Hospitalier de Saint-Nazaire (Antilogus, Ledoux & Jaud) a documenté, après une seule séance d'écoute de paysages sonores naturels, une réduction de l'ordre de 34 % de l'anxiété et de 43 % du mal-être.
Un patient de 67 ans, en soins palliatifs, écoute une ambiance forestière. Les yeux fermés, il retrouve la forêt de son enfance — sensations intactes, souvenirs précis. À la réouverture des yeux, il décrit le sentiment d'avoir renoué un lien qu'il croyait perdu. Au-delà de la baisse mesurable de l'anxiété, ce sont la mémoire incarnée et le rapport au vivant qui sont mobilisés.
Des dispositifs pour tous les publics
Points d'écoute in situ
S'arrêter et prêter attention au paysage sonore d'un lieu, tel qu'il est.
Points d'écoute amplifiés
Accéder à des captations naturalistes exclusives, situées et documentées.
Espaces d'écoute immersive
Pour les publics les plus fragiles, sans quitter le lieu de soin.
Transduction vibrotactile
Le son perçu par le corps — ouvert aux personnes sourdes ou malentendantes.
Un premier territoire : Saint-Nazaire
Saint-Nazaire a quelque chose de rare : une identité sonore singulière. La mer, le vent du large, l'estuaire de la Loire, la Brière, les plages et le sentier côtier composent un environnement naturel d'exception ; et en même temps, les chantiers navals et les paysages industriels de Donges et de Trignac font entendre la présence de l'industrie au bord de l'eau. Cette coexistence de la nature et de l'industrie, nulle autre ville française ne la possède à ce degré.
Si Saint-Nazaire en est le premier terrain, le Parcours n'a rien d'un dispositif figé ni exclusivement local. Sa structure — partir du soin, rayonner vers l'espace public, se doser selon des seuils mesurables — est transposable. Chaque territoire possède sa propre identité sonore : une vallée, un littoral, une forêt, un quartier ont chacun leur voix. Le modèle a donc vocation à être décliné ailleurs, dans d'autres villes et d'autres politiques publiques qu'il peut inspirer.
Fernand Deroussen, compositeur audio-naturaliste
Depuis des années, il façonne des paysages sonores à partir de l'écoute patiente du vivant — un travail qui incarne l'esprit du Parcours. Ses œuvres sont à écouter et à soutenir sur Bandcamp.
Découvrir sur Bandcamp →Repères scientifiques
Antilogus A., Ledoux M. & Jaud N. (2026). Musicothérapie en unité de soins palliatifs : impact des paysages sonores naturels sur les symptômes d'inconfort. Médecine Palliative [en cours de soumission].
Buxton R. T. et al. (2021). A synthesis of health benefits of natural sounds and their distribution in national parks. PNAS, 118(14), e2013097118.
Jing X. et al. (2026). Brain activity and restorative effects of birdsong at different sound pressure levels. Applied Acoustics, 111155.
Kaplan S. (1995). The restorative benefits of nature: toward an integrative framework. Journal of Environmental Psychology, 15, 169–182.
Pijanowski B. C. et al. (2025). A Sonic One Health framework. BioScience, biaf109.
Ratcliffe E. (2021). Sound and soundscape in restorative natural environments. Frontiers in Psychology, 12, 570563.
Rosa H. (2018). Résonance : une sociologie de la relation au monde. Paris : La Découverte.
